Edito:

Jean-Luc Blain / Gilbert Nexer

Eric Régénermel Maire de Groix

Grois bisous Étonner, rassembler, découvrir toujours plus, encore mieux, créer un rendez-vous incontournable et passionnant entre les îles de la planète sur l’île de Groix…Tel était notre rêve il y a 5 ans, lors du premier Festival International du Film Insulaire.

Nous constatons avec bonheur qu’au fil des années, les films de qualité sont de plus en plus nombreux et variés, les réalisateurs, producteurs et diffuseurs extrêmement fidèles, et notre public encore plus exigeant et présent.

La compétition, réservée aux documentaires, est de plus en plus serrée. Elle nous entraîne aux quatre coins de la planète mer, dans 16 îles, avec 16 films appréciés par un jury de professionnels présidé cette année par René Vautier. Gage précieux, chaque année, des diffuseurs achètent des films inédits découverts à Groix.

Temps fort du Festival : le coup de projecteur donné sur une destination spéciale qui offre l’occasion unique de rencontres humaines et de connaissances nouvelles.

Après les Marquises, Terre-Neuve et St Pierre et Miquelon, l’Ile Maurice et la Réunion, Haïti, en 2005, nous faisons route vers l’Archipel du Cap-Vert. Nous fêterons en images avec des réalisateurs cap-verdiens et en musique avec des chanteurs et chanteuses de ce pays, berceau de talents, les trente ans d’indépendance du Cap-Vert.

Ce sera l’occasion incontournable de débats et conférences autour de l’histoire, des diasporas et de la recherche de racines, avec des invités de marque.

L’Ile aux enfants permettra aux plus jeunes de vivre intensément leur propre Festival, avec de multiples activités ludiques et artistiques.

Le Dimanche, traditionnelle journée spéciale Îles de Groix et du Ponant, réserve des surprises avec des trésors d’images dénichées dans les greniers, ainsi que deux films inédits tournés cette année sur Groix.

Mais avant tout cette édition 2005 sera celle du changement et de l’énergie. Le Festival déménage à Port Lay, une merveille de petit port, le plus petit de Bretagne,

qui résonnera d’une animation jamais vue avec les jongleurs,trapézistes, funambules de l’Académie Fratellini. La nacelle du radeau des cimes découvrira, après l’Amazonie et Madagascar, la canopée groisillonne pour le bonheur de ceux qui se vautreront dans les 400 m2 de filet. Vous pourrez visiter la goélette Tara, anciennement Antartica, elle sera au mouillage devant Port Lay en partance de Groix pour un long périple en faveur de l’environnement. Sa première étape... le Cap-Vert.

Une fois encore la magie des contacts, le mélange des couleurs et des langues, et la fête des musiques et des images transformera l’Île de Groix en île de la convivialité.Bienvenue à bord, bienvenue à Groix.

 

Bienvenue à bord, bienvenue à Groix.
JEAN-LUC BLAIN - GILBERT NEXER

 

 

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DES ÎLES ET DES FONDUS DÉCHAINÉS

Venir se nicher au creux d’un petit port, quelle meilleure idée pour un festival voué à l’insularité? Port Lay, ancien port thonier, conserverie mythique devenue base nautique dans l’après-guerre, résonne encore du claquement des sabots des élèves de l’école de pêche.

Le devenir de ce lieu magique est entre les mains de la collectivité, j’y rêve un espace de rencontre, de découverte, d’apprentissage et de ressourcement. Une vocation à la mesure de son passé, simple, authentique et maritime comme seule une île peut l’être.

A l’heure où les ports sont devenus des parkings sur l’eau, des espaces de villégiature, et souvent même de luxe ostensible, les ports des îles sont restés de véritables portes vers l’océan. Le trafic bruyant du courrier qui rythme la vie des îliens, l’arrivée du fret, les navettes des taxis, le retour des pêcheurs, le désordre tranquille dans l’attente du journal du matin sont autant de saveurs quotidiennes ignorées des ports continentaux.

Prenez votre café matinal à une terrasse du Port Tudy, et laissez-vous réveiller par l’arrivée du premier « vapeur ». Tournant le dos au soleil levant, vous prendrez ensuite un des chemins qui mènent au Bourg puis à Port Lay. Vous y découvrirez des quais centenaires, plantés de maisons blanches, et quelques bâtiments cernant une ancienne conserverie.

Vous y trouverez des passionnés, des fondus de la caméra, des accros des îles, de doux dingues qui depuis 5 ans maintenant, tiennent ce pari fou d’inonder les écrans de tout ce qu’ont inspiré les îles aux cinéastes du monde entier. La source n’est pas tarie, elle s’enrichit encore. Flânez un peu le long de ce rivage, sous le regard grave et imposant de l’authentique Tiki marquisien, planté aux antipodes de ses frères océaniens grâce à la magie de Lucien Kimitété. Lucien nous a quittés hélas, gravant ainsi en nos coeurs une blessure et une leçon d’humanité qui jamais ne s’effaceront. Ce Tiki breton est le gardien bienveillant qu’il nous a laissé.

Enfin, si les accents de la musique des capverdiens ne vous a pas pris dans ses filets ou si vos flâneries de cinéphile vous accordent un peu de temps, laissez-vous fasciner, le soir venant, par ces nappes de lumière qui révèlent la pure et multiple beauté de l’île.

Je vous souhaite de ressentir, durant le festival, ce sentiment inexprimable qu’on appelle l’insularité. L’impression de s’adosser à un caillou dur mais solide, qui jamais ne faiblira. L’espoir d’avoir trouvé un repère dans ce monde vaste et déconcertant, un trésor sur la carte de vos errements, un amour pour le reste de votre vie, et peut-être un morceau de votre vérité.

Vous repartirez la tête pleine d’images et de musiques, le coeur empli de toutes les richesses ignorées par Wall Street, et l’espoir de demeurer, où que vous soyez, un être libre sur son île.

ERIC RÉGÉNERMEL MAIRE DE GROIX