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Competition

A l'affiche, quatorze documentaires en compétition et autant de regards sensibles portés sur les îlien(ne)s.

Ces films bousculent les clichés, et nous permettent d'aborder des réalités, des imaginaires, des drames ou des rêves insulaires, proches ou lointains : Cuba, Vanuatu, Martinique, Islande, Haïti, Yeu... vous donnent rendez-vous à Groix !


Robinsons of Mantsinsaari

Réalisation : Victor Asliuk
Images: Anatol Kazazaeu
Son :  Pietari Koskinen, Uladzamir Galaunicki
Production : Ma.Ja.De. Filmproduktion

Allemagne - Finlande - Pologne / 2008 / 57’ / Tourné sur l’île de Mantsinsaari (Russie)

L’île de Mantsinsaari située sur le lac Ladoga a appartenu à la Finlande jusqu’en 1944.
Après la Deuxième Guerre mondiale, elle est devenue russe et la population finnoise a dû fuir en Finlande. Staline colonisa l’île avec des « ennemis du peuple » et quelques volontaires venus de toutes les provinces d’URSS. 1500 personnes furent exilées sur cette île inhospitalière. Après la chute du Mur, ceux qui n’étaient pas morts, retournèrent sur le continent.
Seuls deux hommes sont restés ici : un Finnois et un Biélorusse. L’un pêche et vit sur l’eau. L’autre chasse et vit de la terre.
Ce partage de l’île en ses deux éléments leur convient à merveille ; leurs chances de se rencontrer en sont d’autant réduites… 

 

Zétwal

Réalisation : Gilles Elie dit Cosaques
Images : Gilles Elie dit Cosaques
Son : Francinet Gros-Desormeaux
Montage : Vanessa Bozza
Musique : François Causse
Production : La Maison Garage

France / 2008 / 52’ / Tourné en Martinique

« En effectuant les repérages pour un nouveau film documentaire sur l‘univers des combats de coqs aux antilles je suis tombé sur Hugues Saint-Rose, éleveur de coqs de combat.
M’étonnant que tous ses volatiles portent un nom d'astronaute il me répondit que c'était en hommage à son frère: “ Robert Saint-Rose, l’homme qui aurait dû être le premier français dans l’espace ”.
Pour me prouver ses dires il me remit un cahier jauni par le temps et quelques bobines de films super-8. Dans le cahier : des notes, des schémas, des photos des coupures de presse, sur les films, entre les souvenirs de famille, des images datant du milieu des années 70, un homme, une fusée...
Ces éléments et mes premières recherches aux Archives Départementale de la Martinique achevèrent de me convaincre. Zétwal (étoile en créole) retrace donc l’histoire de Robert Saint-Rose, le premier Martiniquais à s’envoler pour la lune.» Gilles Elie dit Cosaques. 


Nauru, une île à la dérive

Réalisation : Juliano Ribeiro Salgado
Ecriture : Juliano Ribeiro Salgado et Luc Foliet
Production : Film Oblige et les Productions Cercle Bleu

France / 2008 / 80’ / Tourné sur l’île de Nauru (Pacifique)
En 2004, la République de Nauru a fait faillite, laissant sa population sans revenu. Du jour au lendemain, ses habitants, qui vivaient richement des revenus du phosphate, ont réappris la débrouille, la pêche et la cuisine au feu de bois.
Le réalisateur, Juliano Ribeiro Salgado, fils du célèbre photographe Sebastião Salgado, a promené sa caméra dans chaque recoin de cet îlot de 21 km2, longtemps fermé aux médias, et a réussi à se faire accepter par les habitants.
À travers les réservoirs d'eau à moitié vides, le centre de santé dévasté, une école où l'on apprend aux élèves à prendre soin de manuels devenus coûteux, le film rend compte de la mesure des dégâts. La caméra s'attarde sur les visages, naturellement réservés, des Nauruans, captant l'expression fugace d'un regret, d'une culpabilité, de la résignation ou d'une colère. Il laisse aussi une large place à l'île elle-même, montrant les forces contraires qui la traversent : une nature idyllique et envahissante ; une exploitation minière intensive qui gâche le paysage et ravage la terre.
Un décor de carte postale terni de débris divers, souvenirs de temps plus fastes, décharges sauvages où l'on croise des habitants en shorts venus faire de la récup'. 


Main basse sur l’île d’Yeu

 
Réalisation : Patrice Gérard
Images : Patrick Jan et Guillaume
Son : Yoan Martinneau
Montage : Hélène Blanpain
Musique : Michel Ange Merino
Production : Point du Jour

France / 2008 / 52’ / Tourné sur l’île d’Yeu
 

L’impensable s’est produit à l’île d’Yeu, l’appât du gain a tout balayé. Une communauté soudée par des siècles d’isolement, cimentée par des liens familiaux extrêmement forts, où la solidarité et l’entraide n’étaient pas un vain mot, voit son île vendue à la découpe.
Le tourisme a pris le pas sur une économie adossée quasi exclusivement sur la pêche. Les municipalités successives ont tout misé sur cette nouvelle manne, les maçons ont supplanté les marins. L’argent est en train de vider de sa substance ces lieux de vie.
Promenade à travers la vie d’un pêcheur, d’un agent immobilier, d’une municipalité et de ses habitants, sur l’île d’Yeu. 


Le pays à l’envers

Réalisation : Sylvaine Dampierre
Images : Renaud Personnaz
Son : Myriam René
Montage : Sophie Reiter
Musique : Laurent de Wilde
Production : Atlan Films

France / 2009 / 90’ / Tourné en Guadeloupe
 
Un voyage personnel en mémoire esclave au cœur de la Guadeloupe. De retour dans l’île que son père a quitté 50 ans plus tôt, la cinéaste remonte le cours du temps pour retracer l’histoire de son nom.
Au fil de ce voyage initiatique sur les terres d’enfance de son père, son enquête nous transporte jusqu’à l’époque de l’esclavage. Aux archives, dans les jardins créoles ou les ruines des usines à sucre, se croisent les chemins d’une mémoire vivante, se dessine la vision d’un pays où les récits, les corps, les musiques, parlent avec force d’une histoire qui résonne encore.
Le film se compose comme un jardin créole, dans le foisonnement des images et des récits ; il s’attache à la terre, entremêle repères intimes et mémoire collective. Avec Michel Rogers, généalogiste habité, à travers les souvenirs du père exilé ou dans les pas de Léna Blou, chorégraphe inspirée et de ses jeunes élèves, il déchiffre les traces contemporaines de l’esclavage, voire du colonialisme en général.
Au détour de la Guadeloupe d’aujourd’hui il tend un miroir à la France dite métropolitaine : il part à la recherche de l’envers du pays. 


My daughter the terrorist

 
Réalisation : Beate Arnestad
Images : Frank Alvegg
Montage : Morten Daa
Production : Morten Daae

Norvège / 2007 / 60’ / Tourné au Sri Lanka

Présente à Sri Lanka de 2003 à 2007, la réalisatrice Norvégienne Beate Arnestad attire l’attention sur les rouages qui conduisent de jeunes personnes à s’engager dans un conflit jusqu’à la mort.
Par le portrait de deux jeunes femmes liées par une amitié très forte, elle montre comment la société sri-lankaise construit des terroristes.
Entrées dans le mouvement LTTE à l’âge de 12 ans suite à la fuite des combats ou aux décès de leurs proches victimes de raids aériens, Darshika et Puhalchudar sont animées d’une conviction effroyable : faire don de leur vie pour pouvoir démanteler ceux qu’elles considèrent comme les oppresseurs sanguinaires de leur peuple.  

 

Vastutuulesaal

 
Réalisation : Priit Valkna
Auteur : Andri Luup, Artur Talvik, Priit Valkna
Image : Margus Malm, Rein Kotov, Tauno Sirel
Son : Tanel Roovik
Montage : Tambet Tasuja
Production : Ruut

Estonie / 2007 / 57’ / Tourné sur l’île de Naissaar (Estonie)
 
Le chef d'orchestre estonien mondialement connu Tõnu Kaljuste, très estimé par Arvo Pärt, souhaite faire construire une salle d'opéra sur Naissaar, une île qui fût une ancienne base militaire soviétique. Naissaar ne compte pas de ligne régulière la reliant au continent, n'est pas électrifiée et sa population se réduit à un seul habitant.
Ignorant toutes ces difficultés ainsi que l'opposition des financiers, Tõnu Kaljuste souhaite bâtir ici un centre culturel unique, où traditions et modernité seraient réunies. Pour cela, il met en scène des opéras sur le continent pour rassembler des fonds et va jusqu'à transporter personnellement des matériaux de construction dans son propre petit bateau.
En chemin, il fait face à des difficultés inattendues et se retrouve dans des situations qui frôlent parfois l'absurde.


Le salaire du poète

 
Réalisation : Eric Wittersheim
Production : Eric Wittersheim, Kakofony production, Tawi films, (Port Vila), East West center (Honolulu), CNRS-LACITO

France / 2008 / 59’ / Tourné sur l’archipel du Vanuatu
 
 

Pour la première fois depuis des années, sur la petite île de Motalava, au nord du Vanuatu un nouveau chant sera écrit dans la langue des ancêtres - la langue du dieu Quat – et entrera dans la coutume. Mais plus surprenant, ce nouveau chant traditionnel est écrit en l’honneur d’un Blanc, un jeune linguiste Français que tout le monde là-bas surnomme "Alex".
Pour assister à la cérémonie d’inauguration, il revient à Motalava avec sa femme, ses enfants, et une collègue musicologue. Mais, une fois sur place, tout ne se passe pas exactement comme prévu !  

 

At Second Glance ? Social Club Buena Vista


Réalisation : Carsten Möller
Image : Carsten Möller
Montage : Carsten Möller
Conception sonore : Karsten Rentz
Musique : Conjunto Arsenio Rodríguez, Los Paisanos
Production : Cinezara Film, Leipzig

Allemagne – Cuba /  2007 / 81’ / Tourné à Cuba

Grâce au film de Wim Wenders, les Occidentaux sont tombés sous le charme des musiciens cubains du Buena Vista Social Club.
Mais qu’est-ce que ce club ? Une invention cinématographique ? Une légende urbaine ? Une hallucination collective ?

Caméra au poing, Carsten Möller est parti enquêter à La Havane, où il a fait d’étonnantes découvertes et rencontré des personnages encore plus surprenants. Tourné avec trois fois rien et animé d’une énergie communicative, At Second Glance–Social Club Buena Vista joue avec humour sur les ambiguïtés entre vérité et mensonge, les pièges de la mémoire et de l’oubli, et dresse un portrait furieusement vivant, tout en musique, de l’esprit indomptable de la capitale cubaine et de ses habitants. 


The last days of Shishmaref

 
Réalisation : Jan Louter
Images : Melle van Essen
Montage : Riekje Ziengs
Musique : Paul M. van Brugge
Production : Juul Kappelhof

Pays-Bas / 2008 / 91’ /  Tourné sur l’île de Shishmaref (Alaska)
 
Alors que politiciens, scientifiques et environnementalistes débattent sans fin des effets du réchauffement climatique, une petite communauté du nord-ouest de l’Alaska fait face aux conséquences immédiates de bouleversement du climat. La glace se retire du petit village de Shishmaref, sur l’île de Sarichef, les maisons tombent dans l’océan, et le village devrait disparaître d’ici dix ans.
Jan Louter capture les mutations de la société Inupiaq face au réchauffement, à la télévision par satellite, et aux courses sur Internet.  


Les Marrons de l’alphabet

Réalisation : Dimitri Médard
Ecriture : Dimitri Médard et Colette Goizet
Narration : Rassoul Labuchin
Images : Hyacinthe Combary
Son : Dimitri Médard et Juan Gutierrez
Montage : Christian Viel et Diego Briceno – Orduz
Production : Anacaona

Québec – Haïti / 2009 / 52’ / Tourné à Haïti

« J’aimerais que l’on cesse de dépeindre Haïti comme une île perdue. A travers ce documentaire, on découvre un pays qui se bat pour survivre, qui a encore des espoirs et des rêves. La joie de vivre unique des gens que nous rencontrons est un signe positif  que les choses peuvent changer. Je suis ému face à un peuple si créatif qui a appris à se battre contre l’adversité. » Dimitri Médard.

 

The Cornershop

Réalisation : Helga Rakel Rafnsdóttir et Hulda Rós Gudnadóttir
Images : Fridrik Thor Gudmundsson

Islande / 2008 / 45’/ Tourné en Islande

Dans un monde de mondialisation, de fast-foods et de supermarchés, deux frères sont déterminer à perpétuer les traditions passées.

Ces personnages excentriques tiennent un magasin d’alimentation à l’ancienne dans le vieux Reykjavik, où les notions de rendement et de profit ne veulent strictement rien dire.
Au cœur de ce film, les relations humaines entre deux commerçants et leurs clients.  


Les 16 de Basse Pointe

 
Réalisation : Camille Mauduech
Image : Sébastien Saadoun, Sébastien Naar
Son : Kamal Ouazene
Mixage : Williams Schmit
Montage : Bénédicte Teiger
Musique : Dominique Fillon
Production : Les Films du Marigot, MP Productions, Les Films du Dorlis
Distribution : Cinéma Public Films

France / 2009 / 118’ / Tourné en Martinique
 
En 1948, en Martinique, dans un climat de grève sur une habitation sucrière, un géreur, blanc créole, est assassiné de 36 coups de coutelas et retrouvé mort dans un champ de cannes de la plantation qu’il administre.

Après une chasse à l’homme de plusieurs semaines, 16 coupeurs de cannes noirs sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans.
En 1951, le procès de ceux qu’on appelle "les 16 de Basse-Pointe, renvoyé à Bordeaux, ancien port négrier, avec l’assurance d’un verdict exemplaire et sans appel, deviendra le premier procès du colonialisme français aux Antilles, jugé devant “ses pères”.
Le meurtre de Guy de Fabrique reste aujourd’hui non élucidé et un secret vieux de presque 60 ans entoure cette affaire exemplaire dans l’histoire de la Martinique.



Les nomades du lagon

 
Réalisation : luc Bongrand
Images : Richard Prost
Son : Christophe David
Montage : Corinne Lapassade
Production : France Mexique Cinéma

France / 2008 / 52’ / Tourné à Madagascar

Sur la côte ouest de Madagscar vit un peuple de grands voyageurs : les Vezo, littéralement « ceux qui rament ». Leur territoire est composé de l’immense lagon qui longe le canal du Mozambique, d’Itampolo à Majunga sur près de 800 kilomètres. Avec les Moken de Birmanie, les Sama des Philippines, ce sont les derniers nomades peuplant les mers du monde.
Isolés du reste du pays, en marge de la société, les Vezo sont très attachés à un mode de vie traditionnel fait de grands espaces et de liberté. Pêcheurs, chasseurs et cueilleurs, les Vezo vivent au rythme des saisons, des lunes et des marées, en parfaite symbiose avec la mer qu’ils parcourent en boutre et en pirogue.
Pour ce peuple qui vit encore selon le mode de ses ancêtres, le surnaturel fait partie du quotidien.