| Une île de près de 20 millions d'habitants, une mosaïque de cultures, déchirée et meurtrie par la guerre civile. Le cinéma sri-lankais est un des rares médias à aborder les conflits en se plaçant du côté des victimes. Sans parti pris, autre que celui des populations civiles, quelles qu'elles soient, nous tenterons de partager les drames, les espoirs, et les rêves de notre île invitée.
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Programmation
Merci à la revue Divergences et à l’excellent article d'A. Simbasinghe : "Petite histoire du cinéma au Sri Lanka" >> http://divergences.be/spip.php?article1409
>> FICTIONS
Changement au village
Mise en scène : Lester James Peries Scénario : Reggie Siriwardena Adapté du roman de Martin Wickramasinghe Directeur de la photo : William Blake Décors : A.S. Weerakkody Montage : Sumitra Gunawardena (Peries) Musique : W.D. Amaradeva Producteur : Anton Wickramasinghe (Cinelanka) Restauration du négatif original 35 mm (2008) : Stanford Theatre Film Laboratory - UCLA Film & Television Archive Coordination et réalisation des travaux : Rob Stone, Todd Wiener, Jere Guldin Traduction des dialogues originaux : Manouri Jayasinghe
Sri Lanka / 1963 / Noir et Blanc / 108’ / Tourné au Sri Lanka | Amoureuse de l'instituteur, une jeune femme est contrainte par sa famille d'épouser un riche héritier, dont elle finit par se prendre d'affection. Mais le déclin de la petite bourgeoisie rurale est tel que celui-ci doit bientôt quitter le village pour chercher du travail. Il disparaît. Entre-temps, après avoir fait fortune à Colombo, l'instituteur éconduit retourne au village, et épouse la jeune veuve. Mais le souvenir du premier mari vient hanter le couple. | | |
This is my moon
Réalisation et scénario : Asoka Handagama Direction photo : Channa Deshapryia Montage : Ravindra Guruge Musique : Rohanna Weerasinghe Productrice : Iranthi Abeyasinghe Distribution : Héliotrope Films
Sri Lanka / 2001 / Couleur / 104 ‘ / Tourné au Sri Lanka Au Sri-Lanka, en plein conflit avec les Tigres tamouls, un soldat cingalais déserte, suivi d’une réfugiée tamoule dont il a abusé. Un petit village à l’abandon suspendu dans l’attente. | | Une terre inexploitable, de petits trafics pour tout emploi, des femmes vivent dans l’espoir du retour des hommes partis combattre. Par leur irruption étrange dans ce cycle fragile, le déserteur et sa compagne bousculent un ordre déjà bien défaillant…
« On voit 100 minutes durant, s’inventer un cinéma qui ose des images taboues sous nos latitudes, fouille des contrastes de rythmes et de genres que l’on interdirait dans nos écoles, le comique et la contemplation, le gag et le regard. » Libération – Antoine de Baecque |
Flying with One Wing
Réalisation : Asoka Handagama Directeur de la photo : Channa Deshpriye Décors : Rohan Samaradivakara Montage : Ravindra Guruge Musique : Rohana Weerasinghe Production : Upul Shanta Sannasgala, Be-Positive Media, Héliotrope Films Distribution : Héliotrope Films
Sri Lanka / 2002 / Couleur / 81' / Tourné a Sri Lanka | | De nos jours, dans une petite ville de Sri Lanka, une femme vit et travaille sous l’apparence d’un homme marié. A la suite d’un banal accident, sa véritable identité sexuelle est découverte par le médecin qui la soigne. Ce dernier se met à la harceler. Dans le même temps, un de ses collègues, se méprenant tant sur l’identité que sur les penchants sexuels de son « compagnon » de travail, tente lui aussi de la séduire. La femme repousse l’un et l’autre, mais par dépit le médecin révèle finalement son secret…Le rêve d’une vie d’homme s’écroule : commence alors pour elle une succession d’épreuves qui conduiront au drame. Ce récit s’inspire d’un fait divers réel survenu à Sri Lanka en 1999. La jeune femme, dont l’histoire a inspiré le film, est sortie de prison en 2002.
« Flying with One Wing confirme amplement les attentes : Handagama est l’un des rares cinéastes à savoir mettre en scène des « dossiers » de société bien épais sans virer dans le film à thèse. Son dispositif est plus retors : le grincement de dents, le rire jaune, le comique inquiet, le burlesque affolé. » Libération – Antoine de Baecque
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Vide pour l’amour
Réalisation : Vimukthi Jayasundara Scénario & Dialogues : Vimukthi Jayasundara Images : Channa Deshapriya Montage : Jeanne Moutard Interprètes : Julie Durand, Nade Kammallawera, Rukmal Nirosh, Jean-Baptiste Penigault Production : Le Fresnoy
Sri Lanka – France / 2002’ / 28’ / Tourné en France et au Sri Lanka |
| Au Sri Lanka, de nos jours. La guerre civile est suspendue à la suite d'un accord de cessez-le feu. Dans cette situation de "non guerre" et de "non paix", un sentiment d'insécurité pèse lourdement sur la vie quotidienne. Parallèlement, en France, deux jeunes gens se déchirent. Chacun dans sa vie monotone espère que quelque chose va arriver.
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La terre abandonnée
Réalisation : Vimukthi JAYASUNDARA Image : Channa Deshapriya Son : Alberto Crespo-Ocampo, Franck Desmoulins / Nicolas Naegelen Montage : Gisèle Rapp-Meichler Musique : Nadeeka Guruge Producteurs associés : Chandana Aluthge / Marie-Michèle Cattelain Coproducteurs : Francisco Villa-Lobos / Pascal Diot et Michel Reilhac Producteur délégué : Philippe Avril Interprètes : Mahendra Perera (Anura), Kaushalya Fernando (Somá), Nilupili Jayawardena (Latá), Hemasiri Liyanage (Piyasirí), Saumya Liyanage\t(Palitá), Pumidika Sapurni Peiris (Battí)
Sri Lanka – France / 2006 / 108’ / Tourné au Sri Lanka
Le cessez-le-feu a été déclaré. De rares maisons isolées au milieu de nulle part. Un garde, sa femme et sa sœur vivent sous le même toit. Une petite fille et un autre garde, plus âgé, partagent leur voisinage. Le vent souffle en permanence sur cette terre abandonnée des dieux, champ de manœuvres où rodent la peur, le désir et la mort. |
| « Si le film a quelque chose à voir avec l’histoire de mon pays, c’est surtout quand il exprime ce sentiment d’insécurité d’être à la fois sans guerre et sans paix, entre les deux. C’est cette atmosphère étrange que je voulais saisir. "
“The Land of Silence, mon premier film, avait pour thème les ravages physiques causés par la brutalité de la guerre. Vide pour l’Amour, le court métrage que j’ai fait quand j’étais au Fresnoy, montrait comment la guerre a affecté la jeune génération, leur sexualité, suscitant une dépression émotionnelle, physique et spirituelle. La Terre Abandonnée mélange les deux thèmes précédents. Mais aucun de ces trois films ne prend pour objet la guerre elle même. Ce qui m’importe, ce sont les conséquences de la guerre. La guerre n’est plus réelle, mais elle a ruiné la société et ses effets secondaires restent tangibles. Le passé ne s’est pas seulement infiltré dans les esprits et les âmes des Sri Lankais, il a aussi ébranlé leur présence physique. Chacun hérite encore de nombreuses séquelles de la guerre civile. Je me souviens que lorsque je vivais à Colombo, j’étais dans cet état d’insécurité. Je crois que c’est quelque chose qu’on peut trouver aussi ailleurs. C’est un sentiment universel. » Vimukthi JAYASUNDARA
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Soleil d’août (Ira Madiyama)
Réalisateur : Prasanna Vithanage Scénariste : Priyath Liyanage Photographie : M.D. Mahindapala Montage : A. Sreekar Prasad Interprètes : Peter D'Almeida, Nimmi Harasgama, Namal Jayasinghe, Mohamed Rahfiulla, Nadi Kammalaweera, A.A. Mansoor, Maheshwari Ratnam, Rajeena Begum, H.V. Thaheera, Gayani Gisanthica
Sri Lanka / 2003 / Couleur / 108’ / Tourné au Sri Lanka | Le Sri Lanka, ravagé par la guerre civile. Trois intrigues se déroulent en parallèle dans trois régions différentes du pays, durant deux chaudes journées du mois d’août. Trois histoires de gens ordinaires, pris malgré eux dans les affres d’une guerre civile dévastatrice. Duminda, un soldat en permission, se rend dans un bordel. Il y découvre que Kamani, sa sœur, s’y prostitue. Kamani prend peur en le voyant et s’enfuit. Le propriétaire de l’établissement retient alors Duminda en otage. Au même moment à Colombo, la capitale, Chamari, une jeune femme, regarde la télévision. Un journaliste y parle de sa prochaine visite dans la région des rebelles. Chamari téléphone à la chaîne de télévision et demande à lui parler. Elle veut partir avec lui à la recherche de son mari, soldat disparu au combat dans cette région. Dans la région sous le contrôle des rebelles, Arafat, un jeune garçon d’onze ans, joue avec son petit chien lorsqu’il voit les rebelles demander aux musulmans de quitter la région dans les vingt-quatre heures.
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Nuit obscure de l’âme
Réalisation et scénario : Prasanna Vithanage Photographie : M. D. Mahindapala Montage : Lal Piyasena Musique : Harsha Makalande Producteur : Damayanthi Fonseka Interprètes : Swarna Mallawarachchi, Ravindra Randeniya, Yashoda Wimaladarma,Tony Ranasinghe
Sri Lanka / 2001 / 87’ / Tourné au Sri Lanka |
| La guerre civile en toile de fond. Un homme revient sur les lieux de son enfance, la propriété est abandonnée, gardée par un domestique qui est surpris de sa visite. On devine que la propriété est dans une zone de conflit : « le pays est dans un tel chaos ! » Néanmoins les valeurs de la société bourgeoise ne sont pas pour autant ébranlées, les pauvres sont les rebelles, les pauvres sont les coupables. Ce film est aussi une peinture de la domination masculine, à plus forte raison si l’homme est dans une position de pouvoir économique. L’héroïne séduite est la victime idéale : jeune, domestique et désarmée devant un séducteur qui est le maître de la maison. Le caprice d’un jeune homme riche, et son inconséquence font ainsi basculer la vie de Piyum, qui, bien des années plus tard, croise à nouveau cet homme qui exerce encore une fois un pouvoir sur elle. Il est juré dans le procès où elle est accusée de meurtre avec préméditation. Le parcours de la jeune fille séduite à la prostituée condamnée met en lumière les méfaits du système judiciaire et les injustices sociales.
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>> DOCUMENTAIRES
The land of silence
Réalisation : Vimukthi JAYASUNDARA Image : Sunil Sri Son : Saman Thilaka Montage : Nuwan Leyanage Production : Government Film Unit
Sri Lanka / 2001 / Noir et blanc / 30’ / Tourné au Sri Lanka | | Estropiés, paysans sans ressources, engagés par nécessité dans l’armée sri lankaise... Le cinglant constat des désastres de la guerre. « Cet essai en noir et blanc décrit les victimes d’une guerre civile qui dure depuis 15 ans au Sri Lanka. Réalisé à l’aide d’outils cinématographiques des années soixante, avec de rares dialogues délibérément non traduits mais relayés par un commentaire distant, ce film transforme les images du présent en archivess fantomatiques. C’est qu’il se refuse à renforcer l’horreur par l’illusion de sa proximité, qu’il dénonce l’alliance passée en tre virtuasité technologique et fascination guerrière. Qu’il croit en revanche, contre tout silence, à ‘l’histoire comme un savoir. » (Jean-Pierre Rhem, texte extrait du catalogue de la 13ème édition du Festival International du Film Documentaire de Marseille, 2002).
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No More Tears SisterRéalisation et écriture : Helene Klodawsky Montage : Patricia Tassinari Direction de la photographie : François Dagenais Conception sonore : Louis Dupire Musique : Bertrand Chénier Production : ONF
Canada / 2005 / 78 ‘ / Tourné Sri Lanka
La vie de Rajani Thiranagama, enseignante et médecin, féministe visionnaire et défenseur des droits humains, assassinée à l’âge de 35 ans, révèle, de façon saisissante, différentes facettes de la montée du nationalisme ethnique au Sri Lanka et ses conséquences sur la vie des femmes. Avec en toile de fond, les tensions politiques passées et présentes, les soeurs, les filles et le mari de Rajani évoqueront leurs souvenirs personnels en retournant dans leur pays mis à feu et à sang par trente ans de conflit ethnique, de répression et de militantisme. |
| À travers des évocations poétiques, des archives, des lettres et des rencontres tournées sur le vif avec des militants et des membres de la famille de Rajani, ce documentaire explorera, tant du point de vue personnel que politique, l’accès à l’égalité pour les femmes et la recherche de la vérité dans une société militarisée. Cette histoire, à caractère épique, d’amour, de révolution, d’intrigue politique et de conflit entre le bien et le mal, retentit bien au-delà des frontières du Sri Lanka.
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In search of a roadRéalisation : Dharmasena Pathiraja Production :Dharmasena Pathiraja
Sri Lanka / 2006 / 82' / Tourné a Sri Lanka A la recherche d'un chemin vers la paix, ce documentaire de création retrace les 100 dernières années de l'histoire du Sri Lanka. |
| Au travers des deux principales voies de communication de l'île, du nord au sud, de Colombo la capitale à Jaffna port symbole de la minorité tamoule, le réalisateur poursuit un travail de mémoire sur les origines du conflit, en s'arrêtant sur des lieux et des dates clé. Le train et la route 9 qui sillonnent l'île lui permettent d'interroger les Sri Lankais(e)s de toutes ethnies et de toute confessions. Un superbe exercice qui démontre l'absurdité des nationalismes de tout poil. |
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