Edition 2017

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« All these films have the same goal: to decolonize the imaginary. They assert and claim aloud a multiple, black (…) and Caribbean identity! » says Osange Silou, journalist and Caribbean film specialist.

Fifty-one tiny pieces of land scattered in the Caribbean sea, multiple languages and Creoles, common history linked to slavery and a desire to return to the roots for a better perception of the future. Each of the small Caribbean islands owns its story, its music, its dance and its cinema. From the Kalinda of Trinidad to the Tambù of Curaçao, from Dereck Walcott’s poetry to the legendary Calypso Rose, from the power of slum art to the failure of the Point-à-Pitre social housing, Caribbean documentaries focuse on the human being and his relationship with his pairs, a value dear to the festival from its very beginning.

These numerous documentaries are accompanied by an important Carribean presence: Véronique Kanor, with her outdoor show « Solitudes Martinique ». « Lyannaj Névé », a band of ten Guadeloupean and Breton musicians, the « Ti soleil steelband », Gilles-Elie-dit-Cosaque, our most faithful and regular filmmaker, and last but not least: Sylvaine Dampierre, a filmmaker and president of the jury, they will all be present at the festival. After the screenings, the Caribbean culture will be shared during panels or discussions, or simply whilst having a glass, under the watchful eye of the Tiki, beyond barriers and borders.

This year, the competition takes us all around the oceans with 16 documentaries. The new programming team have decided to create a new award for best short documentary films. During a morning of viewing, these short films will bring the young jury, made of Bellilois and Groisillons school children, closer to the professional jury members, who will share their experience with the teenagers.

Novelties, moments of sharing and emotions, islands sounds, all this to be followed on 99.8! The festival, reconnecting to its very beginning, will be on air. Jean-Luc Blain, the creator of la radio des îles, would no doubt be thrilled to hear that Radio Balise, a brand new associative radio station from Lorient, will accompany the festival this year. This radio started to broadcast on 8th July 2017 and the FIFIG will be its first relocated studio.

The voices coming from the open sea will be an echo of the Islanders’ words from all around the world. They carry strong demands, and sometimes feelings of unease and resentment, towards the continent, especially among our French Overseas friends. The social crisis of 2009 in Guadeloupe and Martinique is not far away and the roots of the problem are still relevant today, as the 2017 crisis in French Guyana attests. The struggles for greater equality, social justice and a better recognition of geographical, economical, political and cultural insular specificities are of paramount importance. Because to the question « Why to live on an island ? », we will answer « Why to live elsewhere ? ». As Naoto Matsuruma, the last inhabitant of the restricted zone around Fukishama nuclear power plant, aptly puts : « In the end, the best place to live is where you have your habits. » And so much the better if it is an island !

« Tous ces films ont le même but : décoloniser les regards et les imaginaires. Ils affirment et revendiquent tous haut et fort une identité multiple, noire, (…) et caribéenne », Osange Silou, journaliste et spécialiste du cinéma caribéen.

Cinquante et un grains de terre, éparpillés dans la mer des Caraïbes, des langues et des créoles multiples, une histoire commune liée à l’esclavage, une envie d’un retour aux racines pour mieux apercevoir son futur : à chacune des îles des Petites Antilles son histoire, sa musique, sa danse et ses films. De la Kalinda de Trinité au Tambù de Curaçao, de la poésie de Dereck Walcott à la musique de la légendaire Calypso Rose, du pouvoir de l’art dans les bidonvilles à l’échec des cités HLM de Pointe-à-Pitre, les documentaires antillais sont axés sur l’humain et son rapport à l’autre, valeurs chères au Festival depuis ses débuts.

Ces nombreux documentaires sont accompagnés d’une importante présence antillaise : Véronique Kanor avec son spectacle en plein air Solitudes Martinique ; Lyannaj Névé, formation de dix musiciens guadeloupéens et bretons ; le steelband Ti Soleil ; Gilles-Elie-dit-Cosaque, le cinéaste le plus habitué de tous ; Sylvaine Dampierre, réalisatrice présidente du jury…

Des rencontres au plus près de la culture antillaise, à la fin des films, lors des tables rondes ou autour d’un verre, sous l’oeil protecteur du Tiki, sans barrière, ni frontière.

Cette année, la compétition nous emmène aux quatre coins des océans avec 16 documentaires. La nouvelle équipe de programmation a décidé de créer un nouveau prix, celui du meilleur court-métrage documentaire. Lors d’une matinée, de projection commune, ces films courts rapprocheront les collégiens bellilois et groisillons, du jury jeune, des membres du jury professionnel, qui partageront leur expérience avec les adolescents.

Des nouveautés, des moments d’échanges et d’émotions, des sonorités insulaires à suivre sur 99.8 ! Le Festival renoue avec ses débuts et sera retransmis sur les ondes. Jean-Luc Blain, qui avait créé la Radio des Îles, serait sans doute le premier ravi que Radio Balises nous accompagne cette année, départ d’un partenariat amené à durer avec cette toute jeune radio associative du bassin de Lorient. Elle a commencé à émettre le 8 juillet et le premier studio délocalisé par l’équipe sera installé au FIFIG !

Ces voix venant du large seront l’écho des paroles d’insulaires du monde entier qui portent en elles des revendications fortes et parfois un malaise profond vis-à-vis du continent, notamment chez nos amis français d’Outre-Mer. La crise sociale de 2009 en Guadeloupe et en Martinique n’est pas si lointaine et ses fondements encore d’actualité, comme le montrent les événements en Guyane depuis le début de l’année 2017. Ces luttes pour plus d’égalité et de justice sociale, pour une meilleure reconnaissance des spécificités géographiques, économiques, politiques et culturelles des îles, sont primordiales. Car à la question « Pourquoi vivre sur une île ? », nous répondons « Pourquoi vivre ailleurs ? ». Comme le dit si bien Naoto Matsumura, dernier habitant de la zone interdite autour de la centrale de Fukushima, « au final, le meilleur endroit pour vivre, c’est là où vous avez vos habitudes ». Et tant mieux si c’est une île !