Films en compétition

Incontournable depuis la création du FIFIG en 2001, la compétition de documentaires vous emmènera de l’île de Pâques au Japon en passant par Bornéo, la Sicile, les îles Féroé, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Java, l’île grecque d’Ikaria, Haïti…

La réalisatrice guadeloupéenne Sylvaine Dampierre présidera le Jury qui aura la responsabilité d’attribuer l’Île d’Or (grand prix du FIFIG), le prix Lucien Kimitété (pour le film le plus humain), celui du meilleur court-métrage ainsi qu’un coup de coeur. Un 4ème prix est décerné par le public.

Retrouvez ci-dessous les 10 longs-métrages documentaires en compétition. Pour découvrir les courts-métrages, rendez-vous page 24 du catalogue !

Mare Magnum, de Ester Sparatore et Letizia Gullo – Lampedusa – 2014 – 1h13

Lampedusa, durant l’hiver 2011, est abandonnée à son sort. Après les révolutions arabes, cette île sicilienne voit s’échouer sur ses côtes des milliers de migrants. Le gouvernement Berlusconi détourne le regard, les tour-opérateurs leurs circuits touristiques. Dans ce marasme total, les élections municipales de mai 2012 voient surgir une candidate iconoclaste, écologiste, convaincue et courageuse. Les réalisatrices Ester Sparatore et Letizia Gallo la suivent en meeting devant quelques dizaines de personnes, tentant de convaincre des restaurateurs, discutant avec sa coiffeuse… Loin des grandes machineries électorales, sa campagne montre que la dignité et l’humanité font aussi les victoires.

Au Cinéma des Familles, le jeudi 24 août à 10h00

The opposition, de Hollie Fifer – Papouasie-Nouvelle-Guinée – 2016 – 1h17

A Paga Hill Community, quartier du bord de l’eau dans l’agglomération de Port Moresby, une compagnie étrangère lance une campagne pour détruire les maisons avec l’aide de la police et du gouvernement pour permettre la construction d’un complexe touristique. Les leaders de l’opposition à ce projet, dont Joe Moses, tentent de s’opposer à ce déménagement forcé et injuste. « The opposition est un film de résistance. Par sa réalisatrice d’abord, 23 ans au début du projet, 28 aujourd’hui, qui a travaillé dans des conditions difficiles et qui s’est mise physiquement en danger. Par son récit aussi, qui héroïse ceux qui n’ont rien face à ceux qui veulent tout. Le chef de la communauté le martèle en frappant la terre avec son bâton : c’est avec l’intelligence (collective) qu’il faut lutter… » (Cédric Mal / Le Blog documentaire).

Au Cinéma des Familles, le jeudi 24 août à 11h50

Ama-San, de Cláudia Varejão – Japon – 2016 – 1h51

Dans le village de Wagu de la péninsule d’Izu, au sud-ouest de Tokyo, une communauté de femmes pêcheuses appelées les Ama-San (les femmes de la mer) préserve harmonieusement ses traditions vieilles de 2000 ans. Elles pratiquent la plongée en apnée pour récolter algues, crustacés et coquillages. La réalisatrice les suit dans leur quotidien, s’attarde sur leurs gestes et la routine de la vie de famille, filme les rituels qui précèdent les plongées. Le temps est alors suspendu, la magie des images sous-marines opère et nous ramène à la surface comme dans un rêve éveillé. Il y a quelque chose d’extraordinaire chez ces femmes âgées de 50 à 85 ans, une force invisible d’un autre temps et qui pourtant s’exprime, en toute humilité, au présent.

Au Cinéma des Familles, le jeudi 24 août à 14h30

La terre abandonnée, de Gilles Laurent – Japon – 2016 – 1h13

Autour de la centrale nucléaire de Fukushima, cinq ans après la catastrophe, le village de Tomioka est toujours vide de ses quinze mille habitants. Seuls de rares individus vivent encore sur cette terre brûlante de radiations. Les Hangar continuent de cultiver leur terre. Les Sato réinvestissent peu à peu leur maison, persuadés qu’un repeuplement est possible. Matsumura-san, lui, s’occupe des animaux abandonnés au lendemain de l’accident. En faisant de sa vie un symbole, il témoigne et milite pour un monde dénucléarisé. Alors que les travaux de « décontamination » semblent bien dérisoires et vains face à l’étendue du séisme tant humain qu’écologique, l’existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu’un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.

Au Cinéma des Familles, le jeudi 24 août à 16h40

Be’ Jam Be et cela n’aura pas de fin, de Cyprien Ponson et Caroline Parietti – Bornéo – 2017 – 1h27

Au Sarawak, l’un des deux Etats malais de l’île de Bornéo, les Penan, naguère nomades, sont les premiers touchés par la déforestation. Peng et Tepeket, chasseurs-conteurs, et Jalung, guide, tracent le chemin, à travers la jungle luxuriante et la mystique des indigènes, actualisée à la lumière du combat réel qu’ils mènent contre la destruction programmée d’un paysage et qui donne un sens à leur existence. Ce film témoigne d’une guérilla forestière moderne, opposant des hommes à des bulldozers.

Au Cinéma des Familles, le vendredi 25 août à 10h00

Les ramasseurs d’herbes marines, de Maria Murashova – Îles Solovki (Russie) – 2016 – 1h05

Parmi les îles russes Solovki, au large de la Mer Blanche, Reborda n’est habitée que par des saisonniers qui cueillent des algues pour un salaire de misère. Ici les gens vivent en autarcie, sans électricité ni moyens de communication. Ils contactent leur famille par téléphone portable lorsque le réseau le permet, ils fument, parfois ils parlent entre eux. « De ce film il nous reste la beauté du paysage marin, changeant et envoûtant. Une beauté rude et mélancolique qui s’infiltre en nous comme l’humidité des embruns à la nuit tombée. Elle nous communique l’essentiel, ce qui ne peut pas être dit par ces hommes qui vivent entourés d’eau et de solitude. » (Lysa Heurtier Manzanares pour Tënk)

Au Cinéma des Familles, le vendredi 25 août à 12h00

Upwelling, la risalita delle acque profonde, de Silvia Jop et Pietro Pasquetti – Sicile – 2016 – 1h17

Le film emprunte son titre à un terme bien connu des océanologues : un phénomène hydrodynamique qui provoque la remontée des eaux profondes et de certaines bestioles qui y habitent. Cette vague est souvent observée dans le détroit de Messine, en Sicile. Upwelling est une comédie surréaliste où se rencontrent, se mélangent une multitude d’individus qui gravitent autour du nouveau maire, personnage haut en couleurs, converti au bouddhisme et dont la garde-robe contient un seul et même modèle de t-shirt arborant sobrement « Free Tibet ». Un film joyeusement bordélique et libre mais qui n’en est pas moins politique, engagé, combatif et d’une énergie contagieuse. Cette vague symbolise aussi la volonté d’un renouveau politique et citoyen, la nécessité de remettre l’utopie à l’ordre du jour. La ville a connu de nombreuses destructions dont un monumental tremblement de terre en 1908 qui l’a totalement rasée et a fait plus de 80 000 morts. Des ruines demeurent encore mais le désir de bâtir une autre société fait surface.

Au Cinéma des Familles, le vendredi 25 août 14h30

As cidades e as trocas, de Luísa Homem et Pedro Pinho – Cap Vert – 201 – 2h19

En 2008, le florissant marché touristique au Cap Vert fut stoppé net. De nombreuses constructions d’hôtels durent s’arrêter à cause d’une pénurie de sable. L’industrie du sable, matière de base indispensable pour produire le ciment, n’avait jamais connu de crise aussi forte. Mais cette crise sans précédent fit le bonheur de certaines entreprises mauritaniennes qui se lancèrent dans le commerce du sable. Luísa Homem et Pedro Pinho nous embarquent dans un voyage immersif passionnant sur l’île du Cap Vert, alternant de longues séquences où l’œil se pose et observe la vie des capverdiens puis celle des touristes, deux mondes qui se côtoient sans se rencontrer. La puissance cinématographique qui naît de ce travail fleuve n’est pas sans rappeler l’œuvre de Frederick Wiseman ou de Wang Bing.

Au Cinéma des Familles, le vendredi 25 août à 16h30

The Island and the whales, de Mike Day – Îles Féroé – 2016 – 1h23

La traditionnelle pêche à la baleine que pratiquent les féringiens existe depuis l’arrivée des premiers habitants sur l’île. Mais aujourd’hui, la consommation de sa chair est à l’origine d’un important problème sanitaire : du mercure en forte dose est retrouvé dans le sang des personnes qui la consomment. Partagés entre le maintien de cette tradition, socle de leur identité au-dessus de laquelle plane encore l’esprit du Huldufolk, et la modernisation de la société, les habitants des îles Féroé se battent pour leur survie. Mais l’équilibre entre l’Homme et la nature est sur le point de basculer. Les îles Féroé apparaissent alors comme un baromètre inquiétant du niveau de pollution des océans, des changements de l’écosystème et de ses conséquences sur la vie humaine. Mike Day parvient à recueillir ces appels au secours sans tomber dans le sensationnalisme manichéen ou les bons sentiments. Ces quatre années de tournage lui auront permis de se rapprocher des féringiens, de gagner leur confiance et de comprendre la complexité de la situation.

Au Cinéma des Familles, le samedi 26 août à 14h30

Tierra Sola, de Tiziana Panizza – Île de Pâques – 2017 – 1h44

Située dans l’océan Pacifique à 3601 kilomètres du Chili, l’île de Pâques est la deuxième île la plus éloignée au monde d’un continent, après l’île de Tristan da Cunha. Aujourd’hui elle a une population stable et une administration qui gère l’existence de la communauté, justice incluse. C’est donc un curieux paradoxe que la présence d’une prison sur ce territoire isolé duquel il est difficile de s’échapper, même si celle-ci est constituée d’un bâtiment sans murs… En mélangeant des images de toutes sources (amateurs, explorateurs, cinéastes aventureux…) avec ses propres images, la cinéaste suit, avec une certaine sympathie, les prisonniers et les gardiens de cette prison et plonge le spectateur dans une situation où le temps semble s’être arrêté.

Au Cinéma des Familles, le samedi 26 août à 16h30