Regards d’îliennes

20e édition du Fifig
du 18 au 23 août 2021

Regards d’îliennes

Il existe une espèce de sortilège de Sein, quand la tempête isole l’île, quand les gerbes d’embruns glacés vous giflent, quand l’horizon n’est plus que blancheur galopante. Je suppose que tout un chacun, la voyant ainsi au ras des flots, au péril de la mer, reçoit un choc visuel, sinon émotionnel. Il faut aller voir de plus près ce petit havre de l’Atlantique. Il fallait que j’y aille.

Colette Rayer, institutrice qui arrive pour la première fois sur l’île de Sein en 1946,
extrait du ciné-concert d’ouverture 4°O Histoire d’une île.

Nous aussi, il fallait que nous y allions. Sur Sein et ailleurs…
Il nous fallait aller voir de plus près qui sont ces femmes, celles qui décident de s’installer et de travailler sur les îles, ou celles qui y naissent, qui y grandissent et qui y vivent depuis toujours. Cuba, Philippines, Corse, Tonga, Indonésie, Nouvelle-Zélande, Groix, îles du Canada, Islande, Martinique, Porto Rico, La Réunion, Chypre, l’Archipel des Chagos… Partout dans ces territoires insulaires des femmes, des jeunes filles, des mères, des anciennes agissent, se battent, combattent, revendiquent, luttent, se cherchent, chantent, filment, dansent, avec la volonté farouche de vivre et de faire vivre l’île sur laquelle elles sont nées ou qu’elles ont adoptée: leur île.

Pour donner de la force à la parole de ces femmes, porter leurs valeurs et faire vivre leurs témoignages, il fallait aussi les rencontrer, elles ou leurs messagères et messagers, celles et ceux qui transmettent leurs regards. Nous avons donc le plaisir d’accueillir plusieurs réalisatrices et réalisateurs qui se sont attaché•e•s à donner de la visibilité aux îliennes, à leur quotidien et à leurs engagements.

Alessandra Müller présentera son film ¿ Donde està Sara Gómez ? lors de la soirée thématique du jeudi soir dédiée à la réalisatrice cubaine révolutionnaire Sara Gómez, dont le film Mi Aporte, féministe et anticonformiste, a été censuré pendant plusieurs années par les autorités culturelles cubaines.
Olivier Magis, qui a suivi le combat de Sabrina Jean pour obtenir le droit au retour des Chagossien•ne•s sur leur archipel, participera à la projection-débat sur la place des femmes dans les luttes insulaires, avec
Un autre paradis.
Marie Juguin avec
Dreams before Money nous raconte l’histoire de sa soeur, Tahnee, qui a vécu parmi les Mentawaï, peuple autochtone de l’île de Siberut en Indonésie. Elles seront là, toutes les deux, pour nous raconter leurs aventures respectives.
Dans le cadre de la projection-débat dédiée aux combats d’îliennes, nous accueillerons la réalisatrice et le réalisateur de
Scolopendres et papillons, Laure Martin Hernandez et Vianney Sotès, et également Agnès Brézéphin, l’une des trois femmes qui témoignent, dans ce documentaire émouvant et sensible, des violences qu’elles ont subies. En continuité de son témoignage, vous pourrez découvrir son travail d’artiste et ses cabinets de curiosités dans une exposition au presbytère.
Parmi les réalisatrices invitées, vous retrouverez des habituées du festival: Sylvaine Dampierre, Véronique Pondaven et Julie Allione à qui nous avons donné carte blanche pour la projection-débat
Elles tournent ! et qui ont sélectionné, pour nous, trois de leurs films coups de cœur, réalisés par des femmes et tournés sur une île.
Julie Allione, membre du jury, présentera aussi son dernier film Viril.e.s lors d’une soirée thématique consacrée à la question du genre et Véronique Pondaven accompagnera également
Vingt ans à Molène, jamais molénais, son film diffusé lors de l’édition 2004, qui a marqué les esprits et qui a été plébiscité pour être reprogrammé dans le cadre des «Coups de cœur de la 20e». 

En parallèle, les musiciennes insulaires, Oriane Lacaille, originaire de la Réunion, Moonlight Benjamin d’Haïti et Elida Almeida du Cap Vert, vous feront découvrir leurs îles à travers leurs univers musicaux singuliers.

L’AFFICHE

Julie Bernard, dite Li, est une artiste, auteure, illustratrice originaire de L’île de la Réunion, diplômée de l’école Auguste Renoir à Paris et des Beaux-Arts de Bruxelles.
Ses illustrations se nourrissent en grande partie des petites poésies de l’ailleurs, du voyage, de l’insularité et de l’altérité. De son île, elle a gardé l’attachement pour la couleur, les espaces flottants et une prédilection pour l’utopie et le rêve.
Pour ses travaux, Julie Bernard a reçu un Green Island Award au Nami Concours 2015 en Corée du Sud, le Grand Prix du CICLA Original Illustration Exhibition 2018 à Shangaï et le Prix Vanille 2019 à La Réunion, et a été sélectionnée pour des concours internationaux d’illustration jeunesse tels que Ilustrarte 2016 (Portugal), le Nami Concours 2017 ou le Prix UNICEF de littérature jeunesse 2020. Le visuel pour l’édition Regards d’îliennes est une création originale, réalisée en 2020 spécialement pour le Fifig.

Site de Julie Bernard